52 semaines pour imaginer des mondes

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Les années défilent et le monde change autour de moi, en mieux ou en pire je ne saurai le dire. Pourtant ce que je croyais être du passé et encore plus présent aujourd’hui. Je suis fatigué d’entendre les mêmes discours, je voudrais qu’on puisse imaginer demain, imaginer de nouveaux mondes dans lequel vivre et rêver.

Le temps qui passe

Chaque matin je me lève et regarde ce type dans le miroir, je le connais, comme un vieil ami, et pourtant j’ai toujours un doute sur son identité. Je redoute cet instant, car je m’attends à chaque fois à découvrir un vieux type barbu et aigris. Et Chaque fois je me surprends à découvrir ce jeune homme, presque un petit garçon, souriant, un peu naïf et des idées plein la tête. Les années glissent sur moi comme sur du beurre. Je ne comprends pas ce qu’il se passe, enfin j’ai ma petite théorie.  Avant je pensais à la mort, sa nature mystérieuse, mais en grandissant, l’immortalité me fascine,  nous transmettons le savoir d’une génération à l’autre, mais chaque individu qui s’en va, transforme notre espèce un peu plus. Ou alors est-ce l’attente ? J’ai été si souvent au bon endroit au mauvais moment, est-ce qu’il faut vivre pour vieillir ? Tous ces gens qui ont vécus aussi intensément que des brasiers et qui sont partis si tôt me poussent à la croire. Ou peut-être est-ce une simple anomalie génétique, je partirais en temps et en heure, qui sait ?

Je me souviens lorsque mon corps à changé il y a plus d’une décennie, les adultes paraissaient encore des géants courant après l’inconnus. Aujourd’hui je marche parmi vous et pourtant c’est toujours aussi énigmatique. Si on m’avait demandé ce que je voulais faire plus tard, j’aurai répondus simplement « grandir ». Mais je me souviens à cette époque, je n’aurais pas vraiment répondus ça, en réalité je n’aurais pas su quoi dire. Il y avait tant de choses à découvrir, à apprendre, c’était fabuleux. Le monde était déjà suffisamment compliqué pour en imaginer d’autres. Puis un jour, les géants sont devenus un peu plus petit, même plus petit que moi, on m’a fixé des objectifs : trouver une copine, trouver un boulot… Pour être heureux ? Je veux dire, c’était quoi l’intérêt ?  Ça semble si naturel pour beaucoup, alors que j’avais des questions plein la tête. Les règles ont remplacé la créativité et peu à peu, la magie de l’enfance à disparus, vous savez, cette sensation que chaque chose qu’on fait est géniale… Même quand c’est la pire des conneries.
Un jour, plongé aux milieux des livres, à discuter avec des inconnus, ça a été l’implosion. Toutes ces idées errantes, ces questions rhétoriques ont pris forme, allant au delà-de la réalité, des rêves sont nés. Je me souviens encore de cette nuit où j’ai observé le passage de la Matriarche, cette créature-vaisseau, emmenant ses habitants vers l’autre bout de l’univers…

Des idées en boucle

Autrefois on me disait que je parlais trop, je ne laissais pas le temps aux autres de parler. Je l’admets mais si je m’étais tus est-ce que les autres auraient eu plus de choses à dire ? Après l’enfance, j’étais souvent en contradiction avec mon entourage, ce n’est pas grave, c’est la crise d’adolescence, la période de rébellion m’as-t’on dit…  Se rebeller, contre quoi ? Je ne comprenais déjà pas comment marche le monde, alors qu’est-ce que j’aurais eu à dire sur la société ? Je n’ai jamais été à l’aise avec « l’idée de parler pour ne rien dire », c’est-à-dire instaurer un climat de confiance pour aborder des sujets plus important dans une conversation. Aujourd’hui je me rends compte que, tous les sujets sont importants même la couleur du ciel, leur intérêt varie juste en fonction de chacun de nous. Comprendre l’humain, c’est comprendre le monde. Alors j’ai voulus tenter une expérience, savoir si les gens avaient vraiment des choses importantes à dire, j’ai écouté. Tellement de gens et tellement de points de vue, tellement d’histoires et d’émotions, le monde dans lequel je vivais était si différent de ce que je pensais. J’ai pleuré, j’ai ris, j’ai été émerveillé… Mais surtout j’ai été surpris de voir à quel point on peut se focaliser sur certaines idées.

Peu importe qu’elles soient vraies ou fausses, certains sujets attirent plus notre attention que d’autres. Je suis un enfant des bois grandissant au milieu d’une ère digitale, plongé au milieu des réseaux sociaux, j’ai découvert à quel point nous avions besoin de nous concentrer sur certains sujets, de répéter encore et encore certaines choses, jusqu’à forger des concepts dans nos esprits, qui façonnent nos valeurs. Chaque semaine je vois les mêmes vidéos, les mêmes débats, les mêmes arguments, les mêmes conflits. Notre technologie augmente plus vite que notre pensée. Cette connection massive entre nous, nous ramène sans cesse vers les mêmes histoires. Et toutes ces choses dans le monde, que nous avons besoin de découvrir sont transformées avant même de les connaître. Certains disent que l’intelligence de notre génération diminue, alors qu’on a encore du mal à définir ce qu’est l’intelligence. « Les enfants ont besoin de s’ennuyer, ça développe leur imagination. » cette phrase me revient en mémoire lorsque j’écoute, j’observe mon entourage regarder des vidéos, jouer à des jeux sur leur téléphone dès qu’on a cinq minutes de libre. Moi-même, j’ai constaté comment mon esprit avait changé depuis que j’avais un smartphone, cela fait à peine deux ans et pourtant je n’ai plus la même notion du temps qu’avant, je ne suis pas moins intelligent, seulement moins attentif.

Inventer demain

Nous vivons à une époque où chaque jour voit naître une infinité d’images, de musiques et d’histoires, nous pouvons si  facilement nous perdre dedans. Je regarde une photo de mon enfance, un portrait de famille, moi qui n’aie jamais aimé être pris en photo, à cet instant des tonnes de souvenirs me reviennent en mémoire. Pas seulement les activités mais aussi des sons, des odeurs, des textures, des couleurs… Des sensations pures, comme dirait la pub. Cette photo raconte une histoire. Quand je regarde une photo prise il y a quelques mois, je vois seulement un cadrage, un montage, des vacances organisées. Elle est superficielle, construite pour attirer le regard plus que pour raconter une histoire. Est-ce parce que je suis plus vieux, que j’ai suivis des cours de photo ou est-ce parce que le monde a tant changé ? Un peu des deux sûrement, en tout cas je ne crois pas que nous soyons moins intelligent, juste moins concentré. Nous vivons à une merveilleuse époque, grâce aux médias, à des inconnus, nous pouvons vivre plus d’histoires, de « souvenirs » en une année que tous ceux qui nous ont précédés.

Nous pouvons acquérir une sagesse millénaire en quelques semaines. Pourquoi je parle de sagesse ? J’ai lus de nombreux mythes, de contes, de récits d’autres époques, et chacun de ces récits au-delà d’une simple histoire, transmettent des valeurs, partage une expérience, qu’elles soient conscientes ou nous. J’ai l’impression que chaque récit que nous « vivons » forge qui nous sommes… Ou pour être plus exacte, forge notre relation avec le monde. A une époque ou il est si facile de voyager et de découvrir de nouvelles cultures, je pense qu’il est important de partager des expériences, construire notre relation sur nos différences.  Les histoires, les mythes forgent nos valeurs communes, même si elles sont surprenantes, métaphoriques. Nous aimons les belles histoires mais rarement qu’on nous dise quoi faire. A travers une histoire, nous pouvons transmettre un enseignement, une façon de vivre, adapté à l’environnement, sans avoir besoin de faire la morale.

Pourquoi toujours penser en termes de culture ? Et si la différence, au delà d’une frontière, était une simple accumulation de nuances, comme dans l’arc-en-ciel, nous n’en voyons que sept et pourtant il y’en a des millions ! (d’ailleurs je n’en vois que quatre personnellement) Et si chacun d’entre nous avions des histoires à raconter, à des inconnus, mais aussi à nos proches ? Nous avons mis en avant l’intelligence, au vingtième siècle. Je voudrais mettre en avant la créativité pour le suivant !  Car avant d’avoir une invention, il  faut de l’imagination. Elle n’a de frontière que notre esprit. Le sous-marin est apparu en 1801 par un dénommé Fulton, avant que Jules Vernes ne raconte l’histoire du Nautilus, mais bien avant ça, l’homme avait rêvé de voyager sous l’eau. Léonard de Vinci avait dessiné des plans comme tant d’autres inventeurs avant lui. Il faut rêver et raconter, pour inspirer. Chacun à des histoires à raconter, chacun a des histoires pour inspirer, pour changer le monde. Les solutions existent et elles peuvent voyager, quand on prend le temps de les raconter, de les écouter.

Je suis fatigué d’entendre parler des problèmes du monde, à force d’en chercher on va réaliser la prophétie de sa destruction. En cherchant quelque chose, on finit toujours par le trouver et moi ce que je cherche, c’est d’abords des solutions. Je veux raconter des histoires aux gens, plutôt que leur faire la morale. Il y a des années que j’ai envie d’écrire un roman et pour l’écrire, je vais rechercher comment construire une « bonne histoire », peut-être que ça vous donnera aussi l’envie d’écrire le roman de votre vie?

Légende : road to imagination – cherryabittant (deviantart)


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