Chroniques de l’hunfini n°1: la matriarche

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Cette nuit, j’ai fermé les yeux et j’ai imaginé une ile dans l’espace, une matrice- arche, une Matriarche…
Rien de novateur, Peter Hamilton appelait ça un “habitat” dans l’aube de la nuit. Une sorte d’astéroïde creux doté de conscience qui grandit comme un arbre.
Dans mon rêve j’étais un jeune enfant assis au milieu des autres dans une prairie, écoutant notre Doyenne. En levant les yeux, je pouvais observer l’immense coque d’ambre nous protégeant des mystères de l’univers encore à explorer. J’entendais la vieille femme nous raconter l’histoire de l’humanité, lorsque les graines stellaires ont atterrit sur Terre avant d’éclore en Matriarches, une demi-douzaine poussant dans les déserts comme des Montagnes et qui ont un jour appelé tous les hommes pour partir à la conquête des étoiles en leur sein rassurant.

Avec la concentration instable de l’enfance, j’oubliais les autres et je contemplais le paysage alentour, à la fois si familier et si étrange. Une vallée remplis “d’arbres de vies”. Ces immenses troncs sont recouvert d’alvéoles où chacun le soir peut y choisir une grande fleur duveteuse et colorée pour s’endormir, et le matin s’abreuver du nectar ou encore croquer les fruits poussant sur les tiges nourricières de sa paroi. Au centre trône la racine primordiale dont la cime rejoint la paroi d’ambre tel un puissant pilier de soutien. A son sommet, entre les branches gorgées de sève, siège le cœur de cristal. Tous les matins il s’illumine de l’éclat du soleil de nos ancêtres et le soir luit d’une douce lumière lunaire. Cela fait des centaines d’années que c’est ainsi, ce cycle immuable semble comme les battements du cœur d’une créature de rêve dont nous sommes les anticorps ou les petits compagnons de voyage…

Alors que cette pensée me vient à l’esprit, une lumière arc-en-ciel inonde mes pensées, des images défilent. Je connais cette sensation cela m’est déjà arrivée par le passée mais jamais aussi intensément…
On dit que la Matriarche dans son immense sagesse, s’adresse à l’AkhanA, la grande impératrice, celle qui maintient la paix entre les différentes communautés, à travers des rêves d’une grande clarté. Ces mots sont des sensations et des images que l’esprit comprend mieux que n’importe quelle phrase. Parfois elle s’adresse à d’autres akhanes, par caprice ou par nécessité.

A cet instant, je vois l’ile à travers ses différentes couches, son dôme, ses grottes, sa strate nourricière, sa strate neurale et… Une bulle. Une sphère aqueuse virant du rose au bleu miroitant. Je m’approche pour passer à travers la barrière quantique pour distinguer le sourire de son occupante, le plus beau que j’ai jamais vu, une femme nue à la peau et à la chevelure dorée, aux courbes parfaites…
Peut-être que ce n’est qu’une vision de mon esprit. Peut-être apparaît-elle comme ça pour moi et pour d’autres, sous une forme différente? A cet instant, la créature me fait comprendre qu’elle représente la vision de la perfection et du bonheur dont ses enfants rêvent…

 

Elle est la Matriarche, celle qui a sauvé une partie de l’humanité d’un futur obscur comme nombre de ses sœurs parcourant l’univers afin d’ensemencer une nouvelle planète de ses habitants. Autrefois elle a voyagé aussi dans une Matriarche jusqu’à ce qu’Elle et les siens évoluent pour comprendre la réelle nature de l’univers et devenir à leur tour ce qu’elles sont, c’est le grand secret.
En fait tout ce qui nous entoure n’est qu’informations, vibrations. La réalité est une vision de la conscience, un rêve où toutes les folies abondent, jusqu’au jour où l’on apprend à vivre au-delà des lois du Rêve. Alors on se détache de notre enveloppe physique et notre imagination devient notre corps, notre conscience n’a plus de limite. Elle maitrise le temps et l’espace, le pinacle de l’évolution. La création devient un jeu, une occupation, comme l’exploration, comme l’apprentissage, comme une infinité d’autre chose. Nous ne sommes plus soumis à nos besoins physiologiques. A part peut-être la nostalgie, la mémoire.

Elle s’est créé un corps, explorant un temps les limites de cet univers, s’infiltrant dans les civilisations, puis une bulle pour voyager encore plus loin, rencontrant d’autres semblables à Elle. Elle a ensuite réfléchis sur son identité comme d’autres, ils ont conçus des graines cosmiques germant en îles stellaires afin de protéger et étudier les prochains accomplissant le cycle de l’évolution.
Mon esprit vient d’imploser, je suis tiraillé entre les émotions, je suis perplexe, j’observe Celle sous nos pieds et tout autour de nous. Nous sommes son rêve, je suis son rêve, je n’existe que dans son imagination. Ma conscience est une extension de la sienne mais parce que j’en ai conscience, je deviens une entité à part entière, comme un de ses enfants… Tout le reste n’est qu’illusion, un courant d’air, une oscillation sur le spectre de la réalité.

Maintenant je comprends la notion d’amour, maternel, charnel, fraternel… Au-delà de toute raison, elle existe, une part essentiel de l’évolution: la volonté de création.


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