Explorer son imaginaire

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Je pense que pour développer son imagination il faut comprendre comment fonctionne notre propre esprit.
Quand j’étais petit, je me posais plein de questions sur tout et n’importe quoi, de la présence des étoiles à la reproduction des escargots. Tous les sujets peuvent devenir intéressant quand on explore leur inconnus.
Bien sur avant, il faut aimer l’exploration, être curieux, comment le devenir, pourquoi?

 

Cette petite chose qu’on appelle l’imagination

L’imagination est quelque chose d’étonnant (détonnant?), c’est cette étrange capacité à l’intérieur de nos têtes de pouvoir créer des idées, des images, des sons et surement d’autres choses plus abstraites, souvent en réaction à un élément de notre perception, parfois spontanément ou bien encore sous la forme de rêve, en dormant (voir éveillé). C’est ce qui permet de trouver des solutions aux problèmes, de reinventer le quotidien et si elle porte assez loin, même le monde! Pensez à ce petit gars qui a eu l’idée de manger de la viande cuite, bon ok le feu à été découvert, mais il fallait de l’imagination pour mettre sa ration dans le feu. Ca aurait pu aussi bien entièrement brulé et gâcher de la bonne nourriture (OK, si ça se trouve on a trouvé un animal foudroyé ou cuit dans un incendie, ça aurait aussi pu être une découverte, Evitons de négliger toutes les possibilités). Depuis on a essayé plein d’autres trucs, certains ont fonctionné, d’autres non (oui j’essaie encore de cuire mes pâtes correctement…). Nous sommes des créatures conscientes, nous observons le monde changer et nous nous souvenons de comment il était autrefois. Parfois nous pensons à ce qu’il deviendra. Que ce soit la peur ou la passion qui guide nos pas, nous aspirons à un autre monde. Rare sont ceux qui le prennent comme il vient, c’est le principe de l’évolution, sans cesse s’améliorer d’une génération à l’autre. Le monde change et nous en somme les témoins, les acteurs, mais je mets en doute cette évolution, pourquoi est-elle là? Chaque jour qui passe voit s’accumuler l’imagination de l’humanité, tous les récits, les rêves, toutes nos histoires conscientes ou inconscientes façonnent notre monde, nous n’aimons pas l’inertie, nous n’aimons pas attendre, que ce soit à un arrêt de bus ou au milieu du désert… Le monde va de plus en plus vite et nous ne pouvons le suivre.
Et si l’imagination était un outil pour canaliser nos peurs? Nous pourrions encore chasser comme les autres animaux dans la nature, cueillir nos plantes et souffrir dans notre coin, pourtant nous avons fondé des civilisations. Un jour un type à regarder les étoiles et s’est demandé “Qu’est-ce qu’il y a là-haut?” et il a imaginé des esprit, semblable au sien, contrôlant les éléments. les humains ne sont pas les seuls à rêver, pourtant nous sommes les seuls (a ma connaissance) à s’en être servis pour améliorer notre confort. “Peut-être qu’en faisant “ça” ou en priant les esprits, j’obtiendrai une faveur?” Notre imagination, nous pousse à croire et cette croyance nous donne une motivation. Même les fourmis ou les termites bâtissent leur cités par reflexes plus que par idéal. Les structures gigantesques que ces insectes sociaux façonnent ont des structures purement pratiques, accumulation du travail de millions d’ouvrière, plutôt qu’esthétiques, les éléments ne sont pas agencés pour stimuler le confort individuel, seulement le bien-être de l’espèce (salle de ponte, salle de la reine, champignonnière, etc…). Contrairement à l’oeuvre génial de Bernard Werber, je n’ai pas connaissance de rites chez les fourmis dans l’attente d’une vie après la mort… Ou même une réaction lorsque je leur avais promis un gros morceau de fromage en échange de leur idôlatrie. (bah quoi?)

 

Découvrir la beauté secrète du monde

Et si il y avait autre chose au-delà de la curiosité? Une chose a encore plus d’intérêt lorsqu’elle nous attire. On doit lui trouver une certaine beauté. je me pose souvent cette question quand j’explore un nouveau sujet:

“Pourquoi c’est beau?”

Alors, je décompose mentalement ce que j’étudie et je visualise chacune des pièces qui le compose, comme si je travaillais dans un garage (bien qu’en mécanique je manque de pratique).
Est-ce que vous vous êtes déjà posé des questions de ce genre? Je regarde ma propre mécanique cérébrale en action et c’est fascinant. Parfois je croise une femme et ça fait juste “Wowh” sans être volontaire. En dehors de tout débat moral, je voudrais comprendre pourquoi les traits ont autant d’impact sur mon esprit, alors j’étudie son regard, son nez, ses lèvres, sa taille, etc … Je veux comprendre ce qui me touche au plus profond, qu’est-ce qui créer cette harmonie dans les courbes? Et là je me rappelle, d’autres femmes qui m’ont marqué avant, pas seulement des connaissances mais parfois juste des actrices à la télé, voir des BD, dans des personnages forts. Je m’interroge sur la pertinence du mythe œdipien, cherchons-nous réellement notre mère dans les femmes que l’on aime? Ou juste les qualités de la fonction?. Il ne s’agit pas seulement du physique mais aussi de l’attitude, la façon de réagir à une situation ou même la façon de se déplacer au quotidien, parfois des éléments anodin pour la plupart d’entre nous. A vrai dire, la plupart du temps, cette beauté ne me rappelle pas grand chose, c’est un réflexe spontané mais je me demande si c’est une référence à mon passé?

Et si la beauté naissait de l’expérience? Je veux dire, est-ce qu’un bébé qui vient de naître peut réellement comprendre la beauté? Il y a une théorie qui dit que nous puisons nos idées dans une sorte de nuage tout autour de nous, la Noosphère (Noos = idée en grec), peut-être, ou alors faisons-nous face tous aux mêmes situations et notre imaginaire fait appel aux mêmes références. Toutes les cultures ont bâtit des demeures carrés, à quelques détails près, parce que c’est une facilité du matériau, le bois pousse en ligne droite (les parties les plus intéressantes du moins), de la physique. C’est plus simple d’assembler quatre troncs cotes à cotes pour créer des murs. On pourrait faire d’autres formes, plus complexes, plus riches comme des pyramides, mais cela exige beaucoup plus de matériaux, d’énergies. La volonté nécessaire à cette objectif fait face à d’autres problèmes. Nous avons bâtit des pyramides tout autour du monde, je n’en connait aucune qui a pour fonction d’y loger, mais toutes pour abriter le divin ou l’essence de l’immortalité, pouvoir vivre auprès des dieux. Aujourd’hui nous les visitons pour contempler la beauté d’un passé glorieux et inspirant, mais quels sont les civilisations qui ont eu accès aux ressources, l’inspiration et l’audace pour créer ces oeuvres? Aujourd’hui, l’art n’a jamais eu autant de poids dans nos vies, à une époque où la paix n’a jamais été aussi présente dans le monde, elle fait partie de notre quotidien. Nous consommons de l’art comme des hamburgers, en oubliant les heures et l’inspiration dont l’artiste (les?) a eu besoin pour les produire. Lorsque je regarde un bâtiment, j’ai pris l’habitude d’imaginer ce qu’il a fallut pour le construire, bien sur c’est un exercice difficile voir impossible, si on se fit aux écrits d’Adam Smith et il y a trop de bâtiments pour le faire systématiquement, mais au moins de temps en temps sur les plus remarquable. L’architecte, les charpentiers, les maçons, les transporteurs, les ouvriers… Toute la beauté de cette réflexion réside pour moi dans la rencontre des problèmes que la structure va engendrer et que peut-on proposer pour y remédier ?

 

Peut-on imaginer sans curiosité?

Je me pose la question a-t’on besoin d’imaginer? Quand je regarde certaines émissions à la télé ou même des gens dans la rue, je dirai que non, ils profitent simplement de ce que la vie leur offre, guidés par des instincts primaires: manger, dormir, s’envoyer en l’air, bouger (que ce soit sur de la dance ou voyager)… Mais au-delà des apparences, chacun d’entre eux est différents. Je ne regarde pas simplement des clones, je regarde des gens avec chacun des personnalités différentes, une manière de s’habiller, des musiques préférées. Même si j’ai peu d’affinités avec eux… Ils ont fait des choix dans la vie, nous faisons des choix. Qu’est-ce qui nous pousse à faire ces choix? Pourquoi choisissons-nous d’aller à droite plutôt qu’à gauche? (Ou bien aller tout droit, attendre ou reculer, etc…)

Il y a bien des manières de choisir, je peux  faire tourner un bâton sur le sol pour indiquer la direction,  je peux suivre la direction du vent, des obstacles ou tous simplement demander mon chemin à un habitant local… Il y a d’autres façons de faire exigeant de l’imagination, ou nous pouvons simplement décider de rester sur place, au final il y a toujours un choix à faire. Heureusement la nature nous a doté d’instincts pour réagir à la situation, mais dans ce monde moderne ont-ils encore leur place? L’enfant qui découvre le monde agit selon ses envies et souvent on le gronde, parce qu’il faut réparer derrière lui, quand il ne mets pas sa vie en danger. Il fait face à un monde si vaste et il en connait si peu, pourtant il se rends compte quand une situation ne va pas, il peut poser des questions. Est-ce qu’il aura des réponses, c’est une tout autre histoire. A vrai dire, je sais pas expérience qu’un adulte va rencontrer les mêmes difficultés. Même sans aborder les technologies, il y a tellement de domaines à étudier qu’il faudrait plusieurs vies pour en faire le tour et même là, on aurait encore des choses à découvrir. Tout ce qu’on peut faire c’est se satisfaire du nécessaire (comme dirait la chanson) ou on peut aussi voir plus grand!, imagine une situation différente, voir carrément un monde remplis de situations différentes, ou même une extension de ce monde, les possibilités sont illimités, il y a tellement de variantes, d’éléments à prendre en compte… Au final, je ne sais pas si ma question a vraiment du sens, l’imagination dépend de notre capacité à réagir à une situation, c’est plus un reflexe qu’une réaction. On peut continuer à faire la même tâche pénible ou bien chercher un moyen de la faire avec moins d’effort. C’est encore un choix à faire, entre le temps qu’on accorde à cette tâche et celui qu’on accorde à trouver une solution.

“Un enfant a besoin de s’ennuyer pour développer sa créativité” (un adulte aussi)

Je me souviendrai toujours de cette phrase, je me souviens de tous ces moments où j’ai attendus, où j’ai pris le temps d’observer ce qu’il y a autour et à l’intérieur de moi. J’ai eu la chance de beaucoup m’ennuyer (peut-être un peu trop?). Ce sont ces instants de vide qui nous poussent à chercher des réponses, à remettre en question la nature de ce qui nous entoure. Je pense que c’est pour ça que la méditation a autant de succès aujourd’hui, dans une ère connectée. Nous ne prenons plus assez de temps pour nous-mêmes, nous comblons chaque instant de vide avec des jeux, des films, des musiques, tout un tas d’histoires écrites sur différents supports… Nous nous nourrissons de l’imagination d’une minorité, en oubliant que nous-mêmes avons une histoire à vivre, à raconter. Pourtant nous voulons vivre les histoires, sur console, sur l’ordi ou à travers les voyages, tellement qu’on oublie de les ressentir, de les écouter, d’apprendre de nouvelles choses. On prend des photos pour en conserver le souvenir, tellement de photos qu’un événement se perds dans les autres… Et une photo ce n’est qu’une image, une vision, ce qui créer la magie de l’instant, c’est la fusion des sens dans un lieu, dans une rencontre…Comme je l’ai dit plus haut, certaines choses ne se voient pas, je pense à toutes ces histoires qui m’ont touchés, ce qui en faisait la beauté était suggéré… Nous savions que pour la finir il devait se passer quelque chose, mais l’auteur s’arrêtait juste avant, pour attiser notre curiosité (ou par paresse?). Nous pouvions imaginer tout un tas de possibilité quand l’auteur ne pouvait en offrir qu’une seule. C’est un savant mélange de frustration et de créativité… Les développeurs de jeux-vidéos l’ont bien compris pour capter l’attention du publique. Seulement nous arrivons à cet instant où trop de frustration tue la créativité, il faut laisser du temps au temps, à son temps, à notre corps, à notre esprit.

 

book of imagination - t1na


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