L’héroïne de la soirée

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La funambule marche et se balance sur un fil sans équilibre,
Suivre le berger lui est impossible, car elle ne cherche pas de destination précise…
« Vous savez lui avait dit le contorsionniste, la vérité n’est pas un point d’arrivée, c’est un cap qu’il faut pouvoir suivre.

Au dessous de vous des âmes bruissent, elles craignent de voir la chute autant qu’elles songent au frisson qui glisse dans leur esprit… le risque qui murmure au bout de leurs lèvres que tout peut arriver, que rien n’est impossible…
Alors oui mon enfant, je vous le demande aussi, pourquoi le monde des hommes est-il si difficile à vivre ? »

 

Détachée, elle rejoint la piste dans des délices de barbe à papa et de pop corn fraîchement explosé de saveurs.
Elle se fraye un passage dans ce monde où les clowns qui peuplent les villes ne font plus rire, où les trapézistes ont peur du vide et où les cracheurs de feu éteignent les sentiments à grand renfort de fumée…

Elle en avait sa claque de ce cirque…
Il fallait arrêter et se rendre à l’évidence… l’éléphant le pied attaché après les applaudissements est malheureux, ce n’est un mystère pour personne et pourtant on le regarde et on le photographie encore.

 

Elle était condamnée… condamnée à errer seule… personne ne pourrait la suivre.
La sincérité ne connaît pas les techniques pour bluffer les tours des magiciens, pour faire apparaître des vols de mensonges au milieu des colombes.

Sous ce chapiteau qui sent le vieux tissu humide, elle ne sait pas, elle ne sait plus… lassée… elle est descendue de ses sommets… sans filet.

Alors au milieu de la foule qui ne voit rien, elle marche pour rejoindre les coulisses. Elle referme le rideau pour se démaquiller de tout l’inutile, de toute la méchanceté collée sur sa peau étouffée.
Elle se regarde en pensant qu’il est temps de rester en loge…

 

Elle laisse son costume de paillettes sur le paravent. Avant de sortir, elle éteint la lumière de sa coiffeuse et son reflet se perd dans le vague sans laisser de traces.
Elle est partie en laissant le silence et pendant que le spectacle se poursuit encore… elle s’en est allée rejoindre sa réalité.

 

Elody
Auteur – Biographe
www.alencredevosmots.fr

Au milieu de la foule, au milieu de centaines d’inconnus,
Le sourire grand comme le monde, vaste comme son imagination,
Un par un les tours ont défilé devant ses yeux,
L’enfant n’attend rien de la vie, rien de ce spectacle,
il profite, avec toute l’innocence de sa jeunesse.
De tous les spectacles, c’est la funambule qui l’émerveille,
Les clowns, les animaux, la magie, sont sentiments illusoires,
La funambule est sincère dans son numéro,
Sans filet, chacun de ces gestes est calculé, harmonieux.
Chaque muscle bandé sous sa mince tenue inspire la grâce.
L’enfant admire la femme marchant dans le ciel comme un oiseau
Lorsqu’elle quitte la scène, il est triste, mais aussi soulagé.

Perdus dans ses pensées, la jeunesse quitte les gradins,
Fin du spectacle, tout le monde rentre à la maison
La funambule à quitté sa tenue moulante pour les habits de la ville.
Sortant du chapiteau, elle aperçoit l’enfant qui lui avait sourit,
Il ne sais pas à cet instant l’impact de son bonhomme de barpapa.
Il joue à créer à des formes avec le tissus rose,
ça lui colle les doigts mais il s’en moque, il en a envie.
Les possibilités sont infinis, l’imagination n’a pas de hauteur.
Alors la jeune femme se souvient lorsqu’elle avait son âge,
Toutes ces années à réver, toutes ces années à aimer,
toutes ces choses encore à vivre ou à imaginer.

Et soudain il l’aperçoit, la fille des airs, la maitresse des oiseaux
Il court! Unique chance de rencontrer l’héroine de la soirée,
Tant de questions et si peu de temps, pour partager.
Alors elle redécouvre son sourire, celui de l’enfant,
A présent le sien, lorsqu’il lui tend sa barbapapa,
Maintenant une barbadame, fille en tissus rose,
La funambule observe sa forme dans le délice gourmand.
Et le rêve rattrape la réalité, Elle retrouve sa jeunesse.
Si le garçon savait, à cet instant, combien il avait touché la fille,
Enfouis depuis longtemps dans la cœur de cette femme.


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