Papa, d’où viennent les idées?

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Il y’a ces petites étincelles qui brillent sans arrêt dans notre tête et illuminent nos journées, même au coeur de la tempête, il y a toujours des idées qui surviennent. Bien au-delà de nos reflexes, et de nos instincts, nous voulons améliorer les situations consciemment, mais d’où viennent ces idées?

 

Se nourrir du quotidien

D’où viennent les idées? C’est une très belle question, je trouve, chercher à comprendre la manière dont fonctionne notre esprit.
Nous vivons à une époque où il faut faire les choses d’une certaine façon et pas autrement, nos ancêtres ont trouvé la “bonne” technique et c’est ainsi. Nous faisons les choses mécaniquement, il nous manque des objectifs et sans objectifs, pourquoi se compliquer la vie? Parce qu’au fond, une fois qu’on a mangé, à boire, dormir et aller au toilettes, pourquoi avoir un château? Quelle est la fonction d’un château? C’est beaucoup d’énergie, de temps et de matériaux pour une simple maison. Une maison sert à stocker des outils et de la nourriture, se protéger du climat et aussi des “voleurs” (dans la nature, on prend la première chose qu’on trouve, sans savoir pourquoi il est là, cela n’a rien d’immoral en soi, c’est une question de survie.) L’idée de “château” est né dans une époque d’intenses pillages, brutale et sanguinaire. Des populations entières cultivaient leur nourriture toute l’année avec difficulté, pour voir leur récolte voler et leur famille massacrer par des étrangers dont on ne pouvait prévoir l’arrivée: les maisons ne suffisaient pas, on a construit des places fortes pour protéger les gens et la nourriture lors de ces évènements. Ce fut au tour des envahisseurs de trouver des idées pour capturer ces places fortes… C’est une course à l’armement.

La vie est un ensemble de problèmes et de solutions plus ou moins grands: une question, une réponse. C’est une question d’observation, chercher l’outil adéquate pour répondre à notre besoin mais si nous fermons les yeux, comment le voir? A vrai dire, même un aveugle trouve des solutions, il y a des tas de façons de résoudre un problème, pas forcément celui qu’on attend. Nous avons la chance de posséder une batterie de sens qui nous permet de connaitre le monde avec une grande richesse de sensations. Nous avons aussi la chance de vivre au milieu d’un tas d’êtres vivant différents, des humains mais aussi des animaux, des plantes et peut-être d’autres (envisageons toutes les possibilités)… Je me demande si ça serait le rôle de l’éducation à la base? Apprendre à nous ouvrir l’esprit, à ressentir le monde, être à l’écoute, observer… Dans un monde où tout est planifié, d’autres proposent déjà la solution, nous ne pouvons plus être inspirés, cela créer de la frustration et nous voulons faire autrement. Nous générons un nouveau problème et une possibilité de changer le monde, merveilleux paradoxe de la vie.

Et puis parfois, nous allons au gré de la vie et nous surprenons une situation, une conversation, une idée qui fonctionne dans une situation et qui pourrait s’étendre à beaucoup d’autres. Un élément nous rappelle un souvenir et nous faisons le lien entre les deux, une étoile scintille dans notre esprit et c’est le déclic, une libération d’hormones, nous saisissons notre calepin pour écrire ou notre téléphone pour le dire à quelqu’un. Spontanément à chaque instant, nous changeons le monde.

 

 

Evacuer la frustration

Ah la frustration, le grand problème de chacun d’entre nous: obtenir quelque chose, résoudre un problème,…  Nous comptons nos tentatives jusqu’à en oublier le nombre et que ça marche. Nous ne savons pas vraiment pourquoi la plupart du temps, mais l’important c’est que ça marche. Cette inconnue fait que chaque nouvelle situations propose une nouvelle solution. Nous nous renouvelons sans cesse et nous améliorons ainsi. Nous devenons meilleurs… Meilleurs que qui? Que nous-mêmes évidemment. Pourquoi chercher à être meilleurs que les autres alors que nous sommes différent? OK, ça se voit pas au premier abords chez nos contemporains. L’éléphant aura toujours une plus grande trompe que la mienne, le tigre courra toujours plus vite que moi mais je sais faire de bien meilleurs cabanes qu’eux (du moins je l’espère). Je peux m’abriter dans des grottes, mais je peux aussi construire une maison voir un château, je peux adapter ma solution à mes besoins. Ai-je besoin de me comparer au tigre ou à l’éléphant?

Chaque jour, de multiples problèmes se présentent à nous, nous savons comment les résoudre car ils font partis de notre quotidien. Et parfois une nouvelle situation se présente, notre horlogerie interne s’active et c’est la merde: “Comment faire, quoi, qui, où, pourquoi?” comme lorsque j’ai  vu cette fille à l’arrêt de bus. Ou alors on ne se pose pas de question, on y va, on teste avec ce qu’on a et on voit si ça marche. Dans la réalité, il y a plein de variables à prendre en compte, nous mesurons tous et nos outils sont de plus en plus performants sans vraiment savoir comment ça marche, c’est le travail d’une infinité de personnes qui a construit notre monde et qui le construit encore aujourd’hui. Nous ne sommes limité que par notre imagination, et dans notre esprit, il n’y a pas de limites, pas besoin de matériaux. Les mondes que nous créons peuvent dépasser la réalité, c’est la beauté des jeux d’aujourd’hui. Le jeu à la base est une méthode d’apprentissage, découvrir la chasse, une méthode pour traquer les indices (où est la nourriture, le danger?). Quand j’écris ces lignes, je repense aux jeux de mon enfance, “chat”, au final ça ne sert plus vraiment dans notre monde actuel. Nous avons besoins de nouveaux jeux, rêver autrement, créer des personnages, trouver quelque chose, quelqu’un… Tout ça pour finir par dire tout un tas de conneries, mais c’est tellement bon de ne pas être sérieux, de retrouver l’enfant à l’intérieur de nous qui savait s’amuser de tout et de rien, sans exigences (culturelles).
Rien n’est plus frustrant que grandir, avec toutes ces possibilités.

 

Un pont entre rêve et réalité

J’ai remarqué quelque chose d’étrange quand j’ai commencé à écrire, en fait deux. La première c’est que je suis beaucoup plus inspiré lorsque je suis fatigué, surtout avec une grande fatigue. Et la seconde, c’est que plus j’écris et plus c’est facile d’écrire. Les mots dansent entre mes doigts, comme un reflexe, comme si mon corps et mon esprit était mieux unis. On se couche la nuit pour dormir et parfois on rêve, tous le temps en fait, mais on ne se souvient que de certains, ceux qui ont lieu à certaines périodes du sommeil, dit paradoxal.
On dit que le rêve se nourrit de la réalité, il s’inspire de notre quotidien et les tâches que nous faisons de façon répétitives s’inscrivent dans nos rêves (rêver de café la nuit, c’est pas ce qu’il y a de plus top quand on travaille dans sa vente…). J’ai commencé à écrire intensément durant une période de longue inactivité, j’étais décalé et je n’osais plus me coucher la nuit pour voir le lendemain, on dit que le sommeil est comme une petite mort. A un moment, j’étais tellement fatigué, au bord de l’insomnie que c’était comme rêver éveillé. Je me suis mis à écrire plein de trucs différents, à visualiser les scènes, à me projeter dans l’action, comme le réalisateur avec sa caméra. Je ne sais pas si mon cas est particulier, en tout cas j’espère que cela puisse arriver à tous le monde (développer l’imaginaire quotidien, pas être insomniaque). Je me demande d’ailleurs si ce n’est pas cela qu’on recherche dans la méditation, ça fascine tous le monde parce que c’est exotique, ça vient de l’autre bout du monde, mais au-delà de la spiritualité est-ce que ça ne serai pas plutôt la création de cette connection entre le corps et l’esprit, de simple mécanisme physique? Si vous pensez que je prétends être un maitre yoga, vous vous fourrer totalement le doigt dans l’oeil! (enfin peut-être pas, qui c’est? on appelerai ça le “yogasomniaque”… Ouai non c’est pas tiptop.)

Avant ça, j’étais pas vraiment inspiré, j’avais pas vraiment d’imagination, je me contentais de profiter du monde tel qu’il venait avec les jeux de bases (“le sol est en lave”), il était suffisamment complexe pour ne pas avoir besoin d’en imaginer d’autres. Depuis que j’ai commencé à écrire, c’est comme ouvrir une porte que je ne peux plus refermer, je pense à plein de trucs maintenant, souvent hors-sujet d’ailleurs. Soyons honnête, je me relisais le matin, c’est presque illisible pour ne pas dire carrément à chier. Certains passages étaient quand même très intéressant, on pouvait les reprendre et réécrire. Comme dans un rêve, les sensations qu’on éprouve en le vivant sont intenses mais son sens est difficile à percevoir. Un rêve est différent d’une histoire, comme je l’ai dit avant, les histoires doivent avoir une construction pour leur donner du sens et de l’intérêt, sauf si vous les vivez pour vous-mêmes. Tout est question de partage, un pont entre rêve et réalité.

 

 

secret room - fantasyart0102


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