Simuler notre ville ideale

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Nous vivons dans un pays riche, avec une longue culture agricole. Certains diront que nous sommes le « grenier de l’Europe » même si aujourd’hui nous avons beaucoup perdus en qualité. Nous avons beaucoup de produits locaux dit « AOC », notamment les fromages et la charcuterie. Pourtant nous consommons de plus en plus de produits exotiques. La problématique de consommer local revient de plus en plus sur le tapis.

Le seuil des villes


La France compte 70 millions d’habitants répartit sur 36.000 communes (soit 1945habs/ville)
En réalité, 40 grandes villes (et leur banlieue) rassemblent 60% de la population (42 M soit 1.3 millions habs/ville en moyenne ), une conséquence de l’exode rural des années 1950. Les 28 millions de français restant sont répartit sur les autres communes (env 800 habs/ ville moyenne théorique). Quasiment l’intégralité des villes françaises comptent moins de 5000 habitants, à peu près la norme pour une répartition idéale du réseau routier. Si vous avez peur pour l’espace, dites-vous que la France fait 550.000km² (métropolitaine) et que 350.000km² compose sa campagne (agricole) soit 60% du territoire, 140.000km² sont des forets ou prairies grosso-modo actuellement en augmentation (25% du territoire). On est très loin de la Surpopulation.
NOTE : Le Gers, département le moins peuplé de France, compte 221 habs/ km² contre 21.000/km² pour Paris (uniquement).
Tout au long de notre histoire et partout dans le monde, nos routes se sont développées autour des bâtiments, créant des réseaux urbains complètement chaotiques (regardez Paris). La vie s’éloigne de plus en plus de leur cœur (centre-ville) et certaines laissent à l’abandon leurs artisans, obligeant la création de centre commercial à la bordure (« étrangement » pensés comme des micro-villes). Nous avons établis des normes dans un environnement sans norme. Que se passe-t’il entre 6 et 9 h du matin lorsque un million de personnes vont au travail tous au même endroit : Un bouchon, systématiquement (et c’est pareil le soir entre 17h et 20h).

Et si nous faisions l’inverse : penser la ville en fonction de son réseau routier. Définir les places constructibles en fonction des routes préétablis et définir des limites extérieures (stricte). Lorsque la population remplit tous les emplacements alors on construit une nouvelle ville, plutôt que d’étendre l’ancienne. Certains diront que l’idée est génial, pourtant rien de novateur, c’est exactement ce qu’il s’est passé durant la conquête de l’ouest, et même au-delà c’est une idée développé par Thomas More en 1515 dans son livre « L’utopie ».  On peut même citer des exemples historiques, au huitième siècle après J.C. Le calife al-Mansûr à commandé la construction d’une cité circulaire entouré d’un immense mur d’un diamètre de dix kilomètres, avec en son cœur une vaste bibliothèque. Son but était d’en faire un carrefour culturel mondial, de nombreux savants et marchands visitaient la ville pour échanger (en plus d’être une place stratégique importante étant situé entre le Tigre et l’Euphrate d’un coté et des montagnes de l’autre). Cette ville deviendra plus tard Bagdad, la cité qui illumina l’orient pendant une dizaine de siècles, alors que l’occident se débattait avec ses croyances religieuses (et politiques). Aujourd’hui la ville n’a rien à voir, après avoir été reconstruite plusieurs fois, elle subit le même problème d’urbanisation que toutes les autres, face à la mondialisation.

De l’exode rural, à l’exode citadin :


Entre la fin de la guerre et la dureté du monde agricole, les jeunes générations aspiraient à un autre mode de vie, plus simple, où l’argent est plus facile à gagner grâce au travail à l’usine ou dans les bureaux. Un demi-siècle plus tard, la recherche scientifiques (et populaire) aidant, nous vivons un exode citadin. Les villes ont atteint de seuil de population où l’argent gagné ne compense plus les heures passées au bureau et sur la route (et le plaisir qu’on en retire). Même si nous avons perdus beaucoup en valeur nutritive des aliments à cause de l’industrialisation, nous avons toujours les connaissances et les potagers urbains fleurissent un peu partout, tout d’abords à Cuba dans les années 80 à cause de l’embargo américain (et d’autres endroits subissant un isolement similaire). Aujourd’hui c’est devenu un modèle alternatif pour fuir la bétonisation massive.
Pendant longtemps l’homme s’est opposé à la nature, fuyant ses dangers pour survivre, ça fait partie de notre histoire, notre patrimoine génétique. Dans les années 60, une cheminée crachant de la fumée noire était un signe de richesse, aujourd’hui c’est l’inverse. Nos croyances ont changés, notre vision du monde s’adapte à de nouvelles ressources. Nous apprenons à nouveau, à apprivoiser la nature. Nous connaissons les légumes aussi bien que nos chiens et chats. Avec l’expansion de la recherche, c’est un autre monde que nous forgeons, une alliance entre l’homme et son environnement. Au lieu de remplacer la nature par les villes, nous pouvons les intégrer directement aux forets, prairies et campagnes. C’est incroyable, à quel point beaucoup d’adultes sont encore attachés aux cabanes dans les arbres (des tas de documentaires fleurissent sur les chaines Arté et RMC). Nous vivons dans des maisons solides et chauffés mais nous gardons au fond de nous ce désir d’habiter dans un nid douillet. Instinct primaire ? Surement. Bien sur j’ai conscience que beaucoup d’entre nous ont grandit toute leur vie, au cœur des villes, courant sur le pavé, tapant la balle contre les murs et ils n’ont pas le même rapport concernant l’urbanisation que moi ayant grandis en banlieue à proximité de bois, avec la possibilité d’explorer et construire les cabanes. L’adulte que nous sommes se nourrit de la nostalgie de notre passé. Notre vision du monde est le fruit de nos aspirations passées. C’est pourquoi je vous propose un petit jeu, assez vaste même, réfléchir à votre ville idéal.

Imaginez la ville du futur

Tout comme le calife al-Mansûr cité plus haut, nous partons d’une grande surface, un carré de 2 kilomètres de cotés et à l’intérieur nous traçons un cercle de 2 Kms de diamètre. Pourquoi ? Parce que les ressources sont suffisamment répartit et à égale distance de tous les cotés (local).
Nous divisons le carré en 20 cases de coté, soit 400 carrés, chacun d’eux fait 100×100 mètres (1 hectare).

_ Le carré définit 4 angles sauvages de 15 hectares chacun soit 60 hectares totales
_ Le périmètre du cercle se répartit sur 56 hectares
_ Le cercle contiendra 284hectares (cases) potentiellement habitables (H)

EXEMPLE DE PLAN DE VILLE IMAGINAIRE (4 km²)+ REPARTITION: type « Citadelle »

STRUCTURES internes :
_ Le périmètre (jaune) est délimité physiquement par un fossé extérieur dont la terre sers à créer un monticule intérieur (2.5m de profondeur/2.5m de hauteur)
_ 8 postes d’observation (orange) répartis équitablement tout autour (espacé chacun d’environ 800m), dont 4 portes aux points cardinaux pour les échanges. Système de défense passif/actif servant de repère spatial.
_ 1 centre-ville de 400×400 mètres (16 hectares) où sont regroupés les activités de la communauté (marchés, artisans, ateliers, théâtre, …)
_ La ville (H) occupe 25% dans l’idéale, 50% maximum de ces terres,. (70 à 140 hectares)
_ l’(agri)culture semi-sauvages (vert/bleu) occupe 50 à 75%. (140 à 210 hectares)

_ Un réseau routier (R) délimité à l’avance, délimite l’emplacement des bâtiments (non-définis) et la circulation optimal des ressources (même pour la population maximum !).

 

Penser la POPULATION à travers les générations :

_ Un habitat standard fait 10×10 mètres avec un terrain de 20×20 (maison = ¼ du jardin), accueille jusqu’à 10 personnes (5 en moyenne : 2 parents, 3 enfants + 5 proches), estimation large (sans compter les étages).

_ Un hectare (10×10 cases ci-dessous) habitable peut regrouper entre 4 et 20 habitats max (proche du centre-ville) soit 40 à 200 habitants. (Routes comprises)
NB: pourquoi 4? En regroupant la population proche du centre-ville pour connaître la population optimale dans la ville. Bien sur, les hectares peuvent être répartis autrement.

_ 50% de la ville habitée, la population MAX serait de 140 hectares x 200 habitants = 28.000 habitants. Sachant qu’une partie de cette population serait répartis sur le reste de la zone agricole (accès aux cultures).
_ 25% de la ville habitée, la population OPTIMALE serait de 70 hectares x 40 habitants = 2.800
Note : 36.000 communes (4km²) x 28.000 habitants = 1 milliards (répartis sur 144.000km², on a largement le compte !) soit 100 millions pour la répartition optimale (les populations devraient être autosuffisante).
(En théorie selon ce calcul, chaque village français (selon la densité moyenne) serait éloigné de ses voisins de quelques kilomètres.

En pratique, ces communes ont une surface de quelques hectares (campagne comprise) et sont regroupées en communautés à travers de grandes étendues agricoles ou sauvages.)

Toute la différence se situe là :

Densité française : 70m habitants / 550.000 km² = 127habs/km² (soit 1 individu/ hectare)

Densité urbaine : 70m habitants / 36.000 = 1945 individus/ ville
Distance interville : 55m hectares /36.000= 1527 hectares/ ville

(15km² : soit un rayon de 7km au delà de la ville théorique de diamètre 2 km)

Un système pensé de cette façon aura des répercussions immédiates sur l’économie locale et nationale. Il sera plus facile de nouer des liens avec ses voisins (confiance), de partager la charge de travail et surtout organiser les différentes phases des cultures et leur distribution. Chacun pourra construire son habitat selon ses envies et surtout déménager rapidement pour briser la routine, ou simplement rendre visite à des amis. Il manque plus que les entreprises pour s’installer à proximité et offrir d’autres points d’ancrages en dehors des métropoles. Tout le reste se fait à partir du transport de marchandises, d’où la nécessité de penser les villes par rapport aux routes (et non l’inverse), pour optimiser le temps et l’énergie dépensés.

A vos crayons !


Dessinez votre ville idéale avec 400 cases totales :
_56 cases pour protéger votre ville contre les dangers de l’environnement (ou même les zombies…)
_ 276 dans le cercle
_ Un bloc de 16 cases (ou plus) pour le centre ville (optionnelle)

_70 à 140 cases pour les logements périurbains
_140à 210 cases pour les zones semi-agricole
Innovez, répartissez les champs, les vergers, les prairies, les pâturages et pourquoi pas un lac ou même une rivière ! Pour le centre-ville, la quantité de bâtiments nécessaire au fonctionnement de la ville nécessite une autre analyse. Ca sera pour un autre article avec le prochain jeu urbain.
Surtout que trouver 4km² complètement plat ce n’est pas forcément évident, en considérant la proximité de ressources ou la nature des sols, mais l’humain à su s’adapter à de biens pires conditions tout au long de son histoire.

 

NB: Si des entrepreneurs veulent tenter l’aventure d’une ville raisonnée à grande échelle, je suis totalement partant pour participer au projet !


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