Sur les traces d’Icare

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(Ce récit est un essai sur le thème du “vertige” pour participer au concours autobiographique d’Elodie Henry, proposé sur sa page ” A l’encre de vos mots”.)

J’entends le bruit lointain des vagues, venir et revenir contre les récifs,
Le même rythme inlassable, avec des variations imperceptibles,
semblables et si différentes à chaque nouvel assaut.
Une douce monotonie à mes oreilles résonnant à travers les barreaux.

Je suis là-haut depuis si longtemps, à observer le monde, dans ma tour d’ivoire.
Tellement de choses, de beauté, de mystères, d’êtres, tellement à voir et savoir.
Je suis comme un maitre d’échecs attendant le prochain coup de mon adversaire depuis une éternité.
Comment en suis-je arriver là? Vaste question, amenant une simple réponse, J’aime la simplicité.
Je voulais vivre simplement, être autonome, faire les choses bien, sans avoir besoin d’aller vite.
J’avais dit en rigolant à ce professeur qui m’avait posé la question: “plus tard je voudrais être ermite”.
J’ai tracé ma voie, j’ai testé de nombreuses choses, sans vraiment y prendre gout, juste la saveur de la nouveauté.
Et peu à peu, le monde a changé, les gens ont grandit, ou peut-être est-ce juste mon esprit qui s’est envolé.

Avec mon petit bateau digitale, j’ai voyagé sur la toile, parcourus des centaines d’univers,
J’ai lu des récits, j’ai connus la guerre, l’art de la faire, l’art de l’éviter, j’ai contemplé les cieux.
Et quelque part entre, il y avait cette petite chose qu’on nomme l’amour, quel secret découvert.
On a tellement écris dessus, des livres, des musiques, des comédies, des tragédies,et des satires au milieux.
Il y a tellement de choses à dire, tellement à vivre, ressentir les courbes, jusqu’à l’ivresse délétère.

L’humanité a bâtit des cités et détruit des civilisations en son nom,
Combien sont mort pour protéger leur foyer, combien on vécut pour défier la raison.
Je n’ai jamais compris, j’ai essayé jusqu’à me lasser, jusqu’à échouer sur ce rivage.
Je devais devenir plus fort, bâtir un fort, construire pour prendre du recul sur mon héritage.
Je voulais creusé un trou pour m’y refugier, tellement profond que la situation s’est renversé,
Je pensais creuser quand je grimpais, chaque souvenir, chaque expérience un peu plus m’élevait.
Marche après marche, je suivais les traces d’Icare, j’avais voulus contempler la lumière.
Souvent je m’arrêtais contempler le monde à la fenêtre, jusqu’à regretter hier.

L’enfant enfouis quelque part, avide d’aventures, découvrait les lignes rattachant les géants.
Il pensait trouver de l’or, mais le trésor qu’il découvrit était encore plus fascinant.
Les jours passent, les marches se succèdent, le monde tourne et la tour s’élève autant.
Jusqu’au jour où le tonnerre gronde, la mer s’agite et frappe contre les murailles,
Encore et encore, patiente et suffisante, elle me rappelle ce lien à la terre qui s’écaille.
Je m’arrête et baisse les yeux, observe mes pieds, pour découvrir la hauteur
Cette spirale de souvenirs qui s’élève tant et tant pour chatouiller le ciel, jusqu’à la terreur.

Tous ces moments d’attentes et ces gens disparus, tous ces fous rires entre ces pierres.
Je suis seul, je le découvre aujourd’hui, toutes ces années sont passées à rêver.
Tant de rêves que d’autres ont vécus, à moitié ou entier, que personne n’a espérer.
Toutes ces années j’ai gouté à la solitude, comme je l’avais aimé cette amante fantasmé,
Tout ce temps à grimpé, entre ses draps, entre la terre et les cieux de mon imaginaire.
Aujourd’hui, je contemple la profondeur de l’obscurité sur laquelle j’ai bâtis ma cité d’éther.
Au sommet de cette tour blanche infinis, la foudre éclaire le prince disparus de son onisphère.

Et le temps change, quelque part dans l’espace, un rayon de lumière traverse la tempête,
La foudre couvrant les hurlements laisse place au silence, un vent de fête.
Je regarde à travers mes barreaux de ma prison dorée, tant de hauteur.
Un rêve, un espoir, les murs s’effacent sur une terrasse, un petit coin de valeur.
les chaises remplacent les chaînes, pour admirer ce soleil dans toute sa grandeur.
Plein de vie, de chaleur, je penche la tête au bord, pour sentir un haut le cœur,
Tous ce temps perdus à bâtir une citadelle, plutôt qu’à vivre, avec cette ardeur.

Dans le vent, dans les nuages, si haut dans le ciel, si loin du monde, je rêve et m’émerveille.
Aucune issus, aucune porte, seulement un escalier à redescendre, jusqu’à me faire tourner la tête,
Un immense vertige, pas le temps, pas l’envie d’escalader ce monument.
Autre alternative, je songe à faire comme l’oiseau, vivre d’amour et d’eau fraiche,
Autre alternative, saisir les courants comme Icare, partir s’y bruler les ailes.
Terreur diurne, vertige céleste, vertige de la vie, je plonge, et je hurle.
La terre se rapproche rapidement, encore loin et pourtant si proche
la mer glisse sous ma chute, frappant de son va-et-vient passionné les parois de la tour d’ivoire.
Je m’élance, les ailes se déploient, saisissant la brise, embrassant d’un regard
le miroir de l’eau, je m’élance vers par ci ou par là, qui sait, où me guidera l’espoir.

 

godcatchers - alexiuss (deviantart)


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